Au dépôt ( Chasseurs en cours d 'équipement )

L'arrivée au dépôt


A cette charnière des 18e et 19e siècles qui a vu Napoléon, Le cheval trouvait son usage
partout, tant à la ville qu'à la campagne. En conséquence, .beaucoup d'hommes se
tenaient plus ou moins honnêtement à cheval ; bien monter était une autre affaire, l'art
équestre en étant encore une autre. Dans l'armée, la cavalerie formait d'authentiques
hommes de cheval, souvent des maîtres écuyers.
Au départ, peu importait ses aptitudes et ses antécédents pour qu'un conscrit soit versé
dans l'arme de la cavalerie : on y apprenait -ou réapprenait- tout depuis le début, cela
dans le but spécifiquement militaire et difficile de l'évolution en groupe compact et du
combat à cheval. Un civil, fut-il un maître écuyer , avait donc tout à apprendre pour
tenir sa place dans l'escadron.
Certaines caractéristiques physiques avaient au contraire une certaine importance : la
cavalerie légère étant dévolue majoritairement aux reconnaissances et autres coups de
mains, on demandera au cavalier léger (hussards) d'être petit, sec et nerveux. ; il montera
des chevaux de petite taille. La cavalerie lourde (cuirassiers, carabiniers) au contraire,
destinée aux chocs puissants et à servir de boutoir, reçoit les hommes de haute taille et
plus pesants ; ceux-là monteront, de grands chevaux… tant que la remonte le permettra.
Après les deux extrêmes, on trouve la majorité au milieu, à savoir les tailles moyennes.
Les tailles moyennes petites iront aux chasseurs à cheval et les tailles moyennes plus
grandes prendront rang chez les dragons. Tout le monde était réparti suivant ces
catégories… dans la mesure du possible et théoriquement. Pratiquement, on faisait
comme on pouvait.
C'est avec les chasseurs à cheval que nous allons parcourir les prochains chapitres…
Notre choix s'est porté arbitrairement sur l'élégant 5e régiment.
A l'arrivée du jeune soldat au dépôt de son régiment, on lui prend quelques mesures pour
la confection de ses effets d'uniformes. Il devra les attendre longtemps, car à l'exception
de culottes et de bottes hongroises de récupération pour les leçons d'équitation, on lui
fera porter une petite veste à manches et des pantalons sans forme, jusqu'à la fin de son
instruction. Celle-ci durera 7 à 8 mois.
Cette humble tenue place la recrue à une distance immense des officiers et des sous officiers
et même des simples cavaliers du régiment. Nul doute que certains des
nouveaux arrivants en seront chagrinés, surtout s'ils possédaient une certaine aisance
dans le civil.
Mais la charge de travail et d'exercice, volontairement excessive, lui fait bientôt oublier
le reste. Le pékin deviendra rapidement un soldat . La camaraderie, le vin,le tabac seront
ses petits bonheurs et le régiment son honneur..


Légende de l'illustration :
Deux tailleurs régimentaires prennent les premières mesures d'une recrue. Dès que les
rudiments de l'exercice à pied lui seront familiers, le jeune soldat recevra une culotte et
des bottes à la hongroise afin d' aborder l'exercice à cheval.

La newsletter de Patrice Courcelle 2008

Chasseur Gabriel Riou 





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